mercredi, juillet 23, 2008

Une parfaite lecture du sabot !!!

Voilà, voilà, on y arrive, on remonte tout doucement, après avoir lâché en si peu de temps ce que j'avais galéré à monter. Mais c'est le poker, je ne progresserais jamais si je n'arrive pas à gérer ces moment de tilts. Et surtout, je dois arrêter de jouer aux tables à 50.

Je ne sais pas pour vous, mais j'ai bien grindé ces tables ces derniers temps et mon compte rendu est simple : C'EST DU GRAND N'IMPORTE QUOI !!!

Pour exemple, je suis au bouton avec avec 2 limpers, je raise à 22 (10x BB remember !!!) et je suis payé par la SB (une femme d'un âge certain qui est une calling station, qui ne te lâche jamais, bref, une vraie sangsue, et un mec en milieu de parole qui est un livreur de première, et qui ne comprend pas grand chose au poker. Bref, le flop est simple : . Madame check, l'autre check, et moi, continuation bet à 54, histoire de... faire gonfler le pot car je suis payé 2 fois. Au turn, tout de suite, sans souffrance : . Bon, ok, c'est la pire carte que je voulais voire sortir (avec l' bien sûr). La SB envoie 18 et tapis, l'autre réfléchis genre 3,50 secondes avant de call en ayant regardé ses cartes vite fait. Je ne sais pas, mais ce coup là pue mais je sens que je suis devant tout le monde, et j'ai envie d'un exterieur, alors j'envoie boîte à 126, instant call par Mr Fishman. River évidemment pour voir mes espoirs anéantis et mes sous en mode mandat-cash lorsque je découvre les jeux pour le moins surprenants de mes adversaires : chez ma calling station préférée, et chez mon copain rebeu. Voilà, en ce moment, l'expression qui tourne dans les cercles est celle de mon titre : une parfaite lecture du sabot !!

Autre exemple, je suis au cut-off, je reçois et, énervé, je relance à 28. Je ne suis payé que par le mec qui avait call UTG et let's see the flop : . Il a un tapis d'environ 100€, et à ma grande surprise, il attaque en premier à 40. Je réfléchis un peu, tente de mettre une main sur son bet. Cela me semble schématiser un AJ, voir KJ ou pire, un JJ. Je préfère prendre l'information tout de suite en "minraisant", sachant que logiquement s'il a QQ ou une paire en dessous il lâchera. Et après mes 80, il m'annonce tapis 108. J'ai envie de lâcher, mais cela me décide et me persuade à le mettre sur AJ. Je paye donc, de toutes façons je n'ai plus d'autre choix, turn est catastrophique pour moi et la river ne changera rien. Et bien tenez vous bien, il m'a arrosé tout le flop avec . Je ne commenterai pas ce move, tout comme le précédent, j'veux dire par là que l'abbatage parle de lui même, ces tables à 50 c'est du n'importe quoi.

Je ne peux que m'incliner et admettre que les joueurs qui y jouent sont bien plus forts que moi, ils ont cette capacité, ce don du ciel, cette aptitude hors du commun : la lecture du sabot que peu d'entre nous avons en nous...

mercredi, juillet 09, 2008

Broke attitude

Voilà plus de 2 mois sans le moindre post, et je vous prie de bien vouloir m’en excuser. J’ai plusieurs articles en cours de préparation mais là, j’ai besoin de rassembler pas mal de volonté pour tenter d’exorciser ce démon qu’est le jeu. En effet, durant ces 2 mois de silence bloguiste, je n’en suis pourtant pas en reste d’histoires hallucinantes. J’ai « runné » good, j’ai « runné » bad, j’ai connu une variance très difficile à gérer. J’ai perdu beaucoup de 80 / 20 (AA vs KK) comme on dit, des 60 / 40 également (AK vs AQ), je gagnais des coups de l’espace, je callais gagnant, je callais perdant, bref, je bougeais les jetons au gré de mes humeurs et de mes adversaires.

Et puis, pour je ne sais quelle raison, je me décide que, fort de mes capacités pokériennes, je peux aller grinder un peu les fameuses tables à 250. Moi qui effectuais jusqu’alors à quelques micros sessions de 1, 2 voir 3 heures, j’ai décidé de passer une nuit complète dessus et vous savez quoi, et bien tout mon bankroll pour lequel je me suis acharné à monter y est passé. Voilà c’est dit, dans cette petite salle se joue un autre poker, celui dit de « masse ». En effet, je ne comprenais pas bien pourquoi il fallait avoir un gros bankroll pour aller s’assoir à une table ou les blinds ne sont pas bien plus élevées qu’à la 100, ou le tapis moyen correspond parfois à celle d’une 100 bien chargée. La différence se situe dans bien des aspects. La relance dite « classique » est bien plus elevée, le pot moyen l’est par conséquent bien plus elevé également et donc, l’écart à réaliser sur ces tables est attractif. Seulement voilà, lorsque qu’un joueur se fait « déstacké » la différence est là aussi, à une 100 nous ne voyons que rarement un joueur recharger lourd. A ces tables, on voit parfois un joueur recharger 1000, 1500, voir 2 ou 3000€ d’un coup. Ensuite, voilà le type de coup qui donne des maux de tête. Je suis sur 3000, nous sommes au petit matin et je suis en train de doucement mais sûrement remonter ma perte. J’ai envie de rentrer mais je perds encore 600€, ma table est « facile » et j’arrive à me faire respecter bref, tout va bien et je n’ai pas envie de rentrer tout de suite. Puis arrive ce coup contre Damien, un Irlandais très agressif et qui est devenu depuis peu un habitué des 250 après avoir bien performé en tables à 100. Il est au bouton et moi de SB, je sais qu’il va relancer son bouton. Il me connait un peu mais je l’ai destacké 2 fois jusqu’à maintenant et il a rechargé lourd à 1000€ après avoir perdu ses 2 caves à 250 et 500. Nous sommes 5 dans le coup et il envoie 35, je reçois je décide de call, Les 3 autres également call pour voir le flop. , je check, tout le monde check et Damien envoie 80. Je relance à 300, tout le monde passe et il décide, dans un éclair de lucidité de m’envoyer tapis. Normalement, c’est instant call mais il a tout de même 1040€ de tapis, cela mérite réflexion. S’il a brelan de roi ou de dix, il ne m’enverrait sûrement pas tapis, en voulant me garder dans le coup. Je décide de le mettre soit sur QJ soit sur 2 paires KT, auquel cas je suis devant. Après un petit temps de réflexion, j’annonce payé et je le vois se décomposé, il me dit « t’as brelan ? » avec ce regard qui feint le dégout d’avoir tout poussé face à un joueur comme moi. Tombe alors un puis un dévastateur pour mon petit full face à son second full max dans les mains… Voilà, il va sans dire que ce coup m’a sonné et je perdrais tout le reste en rechargeant 2000 de plus, sachant que cet argent, j’ai mis 4 mois à le gagner et que tout est parti en une journée. C’est les aléas du poker mais surtout, je n’arriverais à rien dans ce monde sans un minimum de discipline, discipline que je m’efforçais jusqu’alors à tenir, mais j’ai craqué, je ne suis qu’un homme, faible certes.

J’avais pourtant réalisé de belles sessions à la 100, et j’y retourne aujourd’hui, forcément, car cela reste les tables où les joueurs sont les plus techniques. Force est de constater que certains « oiseaux » volent encore à ces tables, heureusement sinon nous nous retrouverions entre habitués où il est très difficile de performer, car nous commençons à de plus en plus nous connaître. Il y a pourtant un coup que j’ai en mémoire et que je me dois de raconter, car c’est, pour moi, du jamais vu, le genre de coup que l’on se prend à rêver autour d’une entrecôte frites entre amis. Nous sommes à une 100 un peu chaude, à ma droite Mathieu, un joueur très sérieux, qui se targue de dévorer des bouquins et qui a une approche de ce jeu des plus enviable. Il me parle souvent en des termes inconnus pour moi, mais j’aime bien parler avec lui car il analyse très bien les coups. Bref, il est 3 heures du mat, nous sommes tous plus ou moins fatigués, je viens de déstacker Mathieu en lui pédalant une quinte par les 2 bouts que je touche max au turn, quand il m’envoie all in avec son brelan au flop (3910 et j’ai QJ, tout de suite le 8 au turn). Il recharge et est visiblement en tilt, le pire ennemi du joueur. Il se fait pédaler et pour cher, l’ensemble des short stack de la table doublent sur lui en touchant des river improbables, bref il ne joue pas serein. Il envoie 32 préflop alors qu’il est au bouton, j’ai et je décide de call car c’est Mathieu et qu’il est très affecter par les move qu’il prend dans la gueule et que la table est assez loose. On ne sait jamais, on peut trouverson flop (j’ai gros tapis et derrière moi se trouvent Benoît, qui a un énorme tapis et qui a call en UTG, donc je sais qu’il va suivre, plus 3 ou 4 joueurs qui ne vont sûrement pas suivre). A ma grande surprise, tout le monde est là, nous sommes 5 suiveurs plus Mathieu pour un pot de départ des plus sexy. Vient le flop des plus énorme. , tout le monde jusqu’à Mathieu qui envoie 120. J’ai déjà envie de relancer à 300 histoire d’arrêter le coup mais je me ravise et call juste, on ne sait jamais. Là encore, surprise, moi pensais le retrouver en tête à tête, je vois Benoît caller et un short stack mettre tapis à 70. Tombe alors le . Waouh, comment faire, en une fraction de seconde j’annonce tapis, et là je me dis mais quel con, et si Benoît était venu chercher une couleur ? Il réfléchis 3 plombes et se décide à lâcher, en demandant de garder sa main. 2 paires, brelan ? Visiblement mon tapis à 800 lui a fait peur, et il lâche le coup avec regrets visiblement. Mathieu se gratte la tête mais décide de payer, il a tout de même 440 de tapis et je pris pour qu’il n’y ait pas de doublette. La dernière ne change rien et j’annonce « MAX » comme j’aime si bien le faire. Pas par arrogance, mais je ne fais pas de cinéma, les gens comprennent alors qu’ils ont perdus, cela évite tout litige à table comme j’ai l’occasion de tellement en voir. Finalement, Benoît a jeté , le short stack avait et Mathieu lui avait . Waouh, 4 joueurs, 4 couleurs au tableau final, 11 cœur de sortis sur 13, c’est de la folie, du jamais vu mes amis.

mercredi, avril 30, 2008

Encore un quart d'heure de célébrité...

Après mon glorieux passage chez Direct8 dans Direct Poker, voici mon passage (muet) dans l'émission "La méthode Cauet".




Et bien qu'improbable, je ne me suis pas fais "plumé comme certains me l'ont dit, je termine 3ème et empoche 80€ de bénéfice dans un 10 € rebuy sachant que je n'ai pris que l'Add-on.

A l'heure du bilan

Etant résolument orienté cash game et essentiellement autodidacte dans le domaine, j’ai dernièrement fais un point sur mon niveau. Non pas que mes récentes prestations m’aient désarçonné, c’est juste qu’un bilan, à bientôt 3 longues années de pratique de ce jeu (essentiellement du No Limit Texas Hold’em), s’imposait. En effet, je m’aperçois volontiers que mon jeu, dans sa globalité, ne progresse plus, n’évolue plus, et j’ai adopté un style et un schéma de jeu beaucoup trop répétitif. Mes adversaires, qui lisent pour certains ce blog, arrivent de plus en plus à lire mon jeu, à savoir en exploiter ses forces autant que ses faiblesses. Je ne varie pas suffisamment mon jeu pour arriver aujourd’hui à faire la différence. Après une session bien perdante la semaine dernière en cash à une table à 100, je me suis retrouvé vraiment dans une situation délicate. D’un côté, les mains que je jouais n’étaient pas forcément mal jouées, mais je me suis retrouvé à de maintes reprises dans une situation délicate. Et je me suis retrouvé parfois à jouer le joueur plutôt que les cartes. Cette analyse m’a facilement orienté vers la conclusion que je ne pouvais plus me permettre de jouer comme je le faisais, courant facilement à ma perte ou tout du moins, à modifier certains aspects de mon jeu.

J’ai eu plusieurs commentaires sur mes articles qui m’ont interpellé. Bien sûr, mis à part les comm insultant de mes amis lillois, la plupart de vos remarques m’ont fait réfléchir (qu’elles soient positives ou négatives). En effet, certains « anonymes » m’invitaient à venir jouer à Wagram histoire de me faire défoncer le cul, d’autres me disant que j’étais une insulte au poker, tandis que d’autres louaient mon attitude à table, ma bonne humeur et mon style. Toutes ces remarques je les prends comme je dois les prendre, mais sachez juste que cela me touche donc merci pour vos commentaires, ils me laissent penser que ce blog, en plus d’être mon défouloir personnel, vous intéresse et que les histoires que j’y relate trouve de l’intérêt à vos yeux. J’ai également décidé de suivre un conseil avisé et de commencer à ouvrir des bouquins. En effet, toutes vos remarques associées à ma manière de jouer ces derniers temps ont mis en lumière un fait flagrant : je ne progresse plus. Oui, je me considère et ce, en toute modestie, comme avec énormément de potentiel seulement il faut savoir l’exploiter. Je me suis facilement rendu compte que mon niveau n’évoluait plus, que je stagnais et qu’il fallait trouver un autre moyen d’avancer. JE me promène énormément sur le net, me baladant de blog en blog, analysant la plupart de ce que mes confrères écrivent. A part le style proche du mien de Neverdead et le TROP silencieux blog de mes potes Dioscure & Yohann_s, les blogs pokeriens de la toile ne trouvent pas grâce à mes yeux. Relatant des parties essentiellement online, les rares comptes rendus de poker live parlent de tournois. Cela reste intéressant, mais je n’y accroche pas, mon profil m’en empêche (essentiellement du cash je vous le rappelle). Bien sûr, un jour je m’y mettrai sérieusement mais pour l’heure, je me sens bien en cash et j’ai envie de continuer. Vous me direz « et le forum de Clubpoker alors ? ». Je répondrai volontiers oui seulement voilà, lorsqu’une analyse est postée, soit il faut faire le tri parmi tous les abrutis qui réagissent en sortant d’énormes conneries, soit les réponses postées sont incompréhensibles. Ce forum est un très bon support pour progresser, pour avancer dans ce monde qui se démocratise chaque jour un peu plus. Bref, terminons là sur les louanges faites à cette communauté dont je fais partie, pour nous consacrer à ce qui nous intéresse le plus, MOI !

Non trêves de plaisanteries, je suis comme je le disais à un palier de ma vie de joueur de poker. Je suis aujourd’hui bloqué, gêné par un niveau de jeu que j’estimais suffisant pour assurer ce que j’avais à faire. Seulement voilà, les autres quant à eux progressent et tendent à rattraper l’avance que j’avais accumulée. Imaginez que j’ai démarré avec Nicolas « Ceballos » et Remi « Cutard » Biechel. La majeure partie des gars avec qui j’ai démarré sur les 100 jouent aujourd’hui régulièrement sur les 250, avec un bankroll conséquent et une confiance intacte. Je ne les envie aucunement, je constate tout simplement que je n’avance plus et que mon niveau n’a pas connu le boom souhaité. C’est pourquoi je me suis mis à bouquiné, et j’y vais par étape. En effet, étant donnée qu’il n’existe que très peu d’ouvrage consacrés au cash game, j’ai décidé de me lancer dans un premier temps dans l’analyse des tells. Vous savez, tous ces mouvements inconscients que nous faisons et qui trahissent la force de notre main. J’ai commencé par Poker Tells, ouvrage collaboratif entre Joe Navarro, ex agent du FBI et Phil Hellmuth. Ce bouquin reste basique dans le traitement de l’information mais il reste très intéressant d’apprendre que chaque mouvement du corps a une signification. Je tenterai plus tard « Poker Code » qui, paraît-il, traite du même domaine mais est plus complet et pousse un peu plus loin l’analyse des comportements. J’ai décidé de mettre en pratique ce que j’avais lu immédiatement. Je me suis donc forcé à bien observer, à tenter de desceller chez mes adversaires des tells particuliers. Le fait est que sur les petites tables (je parle des 50 et des 100), peu d’information transpire car vu les sommes investies à ces tables, il est difficile pour les joueurs d’avoir des réactions honnêtes, sauf gros pot ou gros bluff. J’en ai remarqué c’est sûr, mais pas suffisamment pour m’y fier.

J’ai par contre tenté l’expérience de dissimuler au maximum MES tells à moi, et je me rends compte à quel point j’en avais. En effet, je ne comprenais pas ces derniers temps comment je n’arrivais pas à rentabiliser mes jeux max, chose que je faisais auparavant, et comment j’arrivais si facilement à me faire bluffer, chose que j’arrivais à déceler auparavant. Tout est dans l’analyse. Sûrement trop confiant en mes capacités et en mon jeu, je me suis depuis quelques temps bien relâché, préférant admirer les jolies croupières et floors que de me concentrer sur les joueurs et les cartes. Je m’en remettais alors uniquement aux cartes et jouais énormément pré-flop et au flop, après j’avisais. J’étais joviale et j’animais les tables en bonne humeur. Je ne faisais pas attention à toutes les infos que je donnais en table tout simplement parce que je pensais que les autres joueurs n’y prêtaient pas attention sauf en cas de gros coup. Or il est honnête de reconnaitre je pense que certes, tous les joueurs n’y font pas attention ou que la majeur partie des joueurs n’ont pas lu d’ouvrage traitant de ces données, mais je me rends compte aujourd’hui que, sans pour autant le crier sur les toits, beaucoup d’entre vous sont « aware » et gère cette partie de la communication non verbale, plus ou moins bien, mais certains usent de cette arme redoutable qu’est la lecture du comportement de l’adversaire.

Seulement voilà, mon bankroll quant à lui, bah il s’en foutait un peu, il faut le reconnaître, que je fasse le joli cœur ou le Titof de la table. Je me suis lors de mes deux dernières séances totalement introvertis, devenu extrêmement silencieux et j’ai avant tout observé. Et force est de constater qu’en deux séances et +1400 € à des tables à 100, ça marche. Je ne sais pas si c’est lié à la lecture du bouquin, je me prononcerai là-dessus d’ici quelques séances supplémentaires, mais en tout cas, ma lecture conjoncturelle me permet de me remotiver, de me fixer un challenge supplémentaire que le simple aspect financier mais surtout, d’étudier une partie non négligeable de ce jeu.

Alors oui je serai bien moins sympa à une table de poker, je ne gagnerai sûrement pas en sympathie mais que voulez vous, je choisis les sous plutôt que les copains, cela ne m’empêchera pas de vous payer un verre ou d’aller discuter autour d’une clope lors d’une pause.

Pour l’heure, voilà mon actualité pokérienne, sans compter que très bientôt je vais aller tester les tournois du côté de la rue de la Pompe, au cercle BCF ou l’ami Neverdead a posé ses valises il y a de ça bientôt 2 mois et je vous ferai un compte rendu de ma session là-bas. Sûrement vendredi soir.

vendredi, avril 18, 2008

Joueur en mode loose cherche parties reloud à l'ACF !!!

Alors nous voilà à reposter depuis fort longtemps. Plus d’un moi sans nouvelle et je tiens de suite à vous rassurer, je vais bien. C’est juste que j’ai repris mon travail de petit informaticien et que j’oscille entre poker room, sorties entre pote, kiné, dentiste et mon lit. Vous êtes nombreux à m’avoir interpellé sur le fait que je reste en mode veille quant à mes interventions sur ce blog mais sachez juste que je ne vous oublie pas, c’est juste que la gnac et la bankroll ne sont pas au rendez-vous. Certes je joue encore un peu, mais de moins en moins car il faut malheureusement bien le reconnaître, les parties sont devenues d’un profond ennui à l’ACF. Depuis la fermeture d’Haussmann, je suis orphelin de tournois. Essentiellement du cash donc dans ce long mois de silence et des coups, certes nombreux, mais trop peu intéressants pour valoir de se lancer dans un long récit détaillé.

Cependant, quelques coups mémorables sont à mon actif, et les parties sont devenues tellement chiantes, ne mâchons pas nos mots, que je joue différemment, en infligeant de sévères bad beat à mes adversaires avec des poubelles. Bon c’est vrai je chatte, mais je pédale beaucoup ou je touche les nuts avec mes mains pourries. Je ne les raconte pas tout simplement car ces coups là sont inutiles, n’apportent rien en terme de valeur intrinsèque à mon niveau pokérien. Par exemple, je pédale et craque coup sur coup KK et AA chez mes adversaires, des coups qui me feraient en pareil situation tilter illico presto, car c’est du foutage de gueule. Je vous raconte ces deux coups pour expliquer la réflexion que MOI j’ai eu sur le coup, et non pour justifier mes moves.

Tout d’abord, je craque KK avec . Situation, je suis au bouton avec cette main, quelques limper dans le coup, je raise à 24, la SB relance à 60. C’est Patrick, un joueur solide qui est assez sobre à table et a toujours très bien défendu ses mains. Tout le monde passe, dans ma situation c’est logiquement fold. Mais j’ai envie de jouer, j’ai envie de faire l’accident, et je le vois AK minimum et ensuite une paire, peu importe la hauteur, il les joue toutes de la même manière. Maintenant, sa position est inconfortable pour relancer peu alors il préfère raiser fort pour écarter un maximum. Je décide de call pour voir le flop . On a touché une paire de 5, s’il a AK, je suis devant mais il parle en premier. Il envoie 100, tel un premier signal de force. Cela peut être AK, ou une over paire, voire A10 mais j’écarte d’emblé cette possibilité car il ne m’aurait pas relancé avec ça. Fort de ma stupidité, j’auto-call pour « bluffer » si la quatrième le fait checker. Nous avons tous les 2 des gros tapis, dans les 800 après le flop et le call des 100, je le couvre légèrement, d’une centaine à peine, donc une « scary card » à la turn pourra me permettre d’arracher le coup. Tombe alors un . Ok baby, « whatever tout sera payé » comme dirait l’ami Neverdead sur coup : on a chatté triple tirage SVP straight / flush / straight flush des deux bouts ainsi que brelan ou dble paire mais à ce moment là, je n’y pense pas une seconde. Il m’envoie à nouveau 100. Waouh, ce continuation BET est très bizarre, il n’est pas cher, me laisse dans les côtes du pot alors qu’au flop j’en étais loin, et je me demande si je suis si bien que ça par rapport à lui (rappelez-vous que je ne sais pas qu’il a les KK, je m’en doute un peu mais bon, j’ai touché un tirage énorme à la quatrième). A ce moment là, j’ai clairement compris que j'affrontais une over paire mais vient se mêler à ma réflexion la probabilité qu’il ait dans les mains une paire de 9 et que cela m’enlève par conséquent certains outs, dont les 8, sauf s’il est à pic évidemment. Reprenons : je joue alors tous les pics, tous les 5 tous les 4 et, dans mon calcul pour caller, tous les 8 et tous les 3. Ca nous donne 21 cartes gagnantes (9 cartes pour les pics, 4 cartes pour les 3, 4 cartes pour les 8, 3 cartes pour les 4 et 2 cartes pour les 5), ça ce sont les cartes qui me font prendre le pot s’il a une over paire, on retire 2 huit s’il a une paire de 9, 5 cartes s’il a brelan déjà, et 1 pic s’il dans sa paire il en possède déjà un, voire 9 s’il est à tirage pic. En dealer’s choice, je jette immédiatement et même je jette au flop. Mais là, les probas en Texas sont différentes et me laisse quand même pas mal de chance pour remporter le coup. Alors let’s go et allons voir la dernière. Tombe alors le . Il réfléchit un moment et check. Voilà, nous y voilà, on a chatté, on a bien pédalé comme Tom Boonen lors du dernier Paris-Roubaix, et qu’allons nous faire ? Il est évident que ce 8 le dérange mais en même temps, je connais le joueur, et s’il a paire de 9 et qu’il touche la ventrale à la dernière, il jouera pareil, il checkera pour mieux m’attraper, alors fort de prudence, je décide de checker, il y a suffisamment au pot et je en veux pas de mal de crâne. Il me montre sa paire de KK et lui montre mon pour la 3ème meilleure main possible avec un tel board. Il se lève grognant qu’il aurait dû tout m’envoyer à la turn (et en effet, je ne tire pas la river pour 5 ou 600 €, je suis un fish mais pas un débile), mais sportivement nous nous serrons la main et la main d’après, Reda, un très bon joueur, relance à 24 préflop, c’est payé 2 fois avant moi et j’avais limpé avec (la main de l'ami Rémi, finaliste du dernier EPT à Monaco, bravo mon pote pour ta 5ème place et tes 30 000€ de gains) donc je call, il y a la cote. Flop pas mal , les deux avant check, je check aussi, je connais le Reda, c’est un attaquant donc il va mettre la main à la pâte au flop. Et bim, ça ne loupe pas, il bet à 40, un joueur lâche, l’autre call (c’est un gros gros pédaleur de la 250 qui joue très large, et qui peut payer avec un 8 ou un tirage quinte, on ne sait jamais ce qu’il a dans les mains), il a un gros tapis et Reda n’a plus que 100 devant lui, je prends sur moi de check raiser à 240, Reda auto call mais emmerdé visiblement, le « gêneur » call. Il y a quand même 2 pics et un tirage quinte que je bloque avec mon 5 qui tombera immédiatement à la turn. Avec un extérieur de 200, le joueur check, j’envoie 350 (je sais, je sais, pourquoi envoyer alors que je suis très bien, pas max mais 3ème jeu possible, mais que voulez-vous, « QUI CHERCHE CLIENT DEVIENT CLIENT »). Il réfléchit pendant une plombe et jette au final, avec regret apparemment. Tombe enfin la plus belle, un à la river, Reda me montre ses AA et l’autre joueur me dit : « tu as bien fais, j’avais un 8 », eh oui l’ami j’ai sentis le coup de Trafalgar m’arriver dans la tronche donc c’est pour ça que j’ai arrosé à la turn, malgré mon full aux 7 par les 5.

Bref, tout ça pour dire que ces coups là, je ne suis pas fier de les jouer, bon ça compense par le fait de les gagner mais il faut toucher pour faire l’horreur mais je vogue sur mon cycle de chance actuel sachant qu’à tout moment je me ferai déboîter. That’s POKER baby !