Alors nous voilà à reposter depuis fort longtemps. Plus d’un moi sans nouvelle et je tiens de suite à vous rassurer, je vais bien. C’est juste que j’ai repris mon travail de petit informaticien et que j’oscille entre poker room, sorties entre pote, kiné, dentiste et mon lit. Vous êtes nombreux à m’avoir interpellé sur le fait que je reste en mode veille quant à mes interventions sur ce blog mais sachez juste que je ne vous oublie pas, c’est juste que la gnac et la bankroll ne sont pas au rendez-vous. Certes je joue encore un peu, mais de moins en moins car il faut malheureusement bien le reconnaître, les parties sont devenues d’un profond ennui à l’ACF. Depuis la fermeture d’Haussmann, je suis orphelin de tournois. Essentiellement du cash donc dans ce long mois de silence et des coups, certes nombreux, mais trop peu intéressants pour valoir de se lancer dans un long récit détaillé.
Cependant, quelques coups mémorables sont à mon actif, et les parties sont devenues tellement chiantes, ne mâchons pas nos mots, que je joue différemment, en infligeant de sévères bad beat à mes adversaires avec des poubelles. Bon c’est vrai je chatte, mais je pédale beaucoup ou je touche les nuts avec mes mains pourries. Je ne les raconte pas tout simplement car ces coups là sont inutiles, n’apportent rien en terme de valeur intrinsèque à mon niveau pokérien. Par exemple, je pédale et craque coup sur coup KK et AA chez mes adversaires, des coups qui me feraient en pareil situation tilter illico presto, car c’est du foutage de gueule. Je vous raconte ces deux coups pour expliquer la réflexion que MOI j’ai eu sur le coup, et non pour justifier mes moves.
Tout d’abord, je craque KK avec 
. Situation, je suis au bouton avec cette main, quelques limper dans le coup, je raise à 24, la SB relance à 60. C’est Patrick, un joueur solide qui est assez sobre à table et a toujours très bien défendu ses mains. Tout le monde passe, dans ma situation c’est logiquement fold. Mais j’ai envie de jouer, j’ai envie de faire l’accident, et je le vois AK minimum et ensuite une paire, peu importe la hauteur, il les joue toutes de la même manière. Maintenant, sa position est inconfortable pour relancer peu alors il préfère raiser fort pour écarter un maximum. Je décide de call pour voir le flop 

. On a touché une paire de 5, s’il a AK, je suis devant mais il parle en premier. Il envoie 100, tel un premier signal de force. Cela peut être AK, ou une over paire, voire A10 mais j’écarte d’emblé cette possibilité car il ne m’aurait pas relancé avec ça. Fort de ma stupidité, j’auto-call pour « bluffer » si la quatrième le fait checker. Nous avons tous les 2 des gros tapis, dans les 800 après le flop et le call des 100, je le couvre légèrement, d’une centaine à peine, donc une « scary card » à la turn pourra me permettre d’arracher le coup. Tombe alors un
. Ok baby, « whatever tout sera payé » comme dirait l’ami Neverdead sur coup : on a chatté triple tirage SVP straight / flush / straight flush des deux bouts ainsi que brelan ou dble paire mais à ce moment là, je n’y pense pas une seconde. Il m’envoie à nouveau 100. Waouh, ce continuation BET est très bizarre, il n’est pas cher, me laisse dans les côtes du pot alors qu’au flop j’en étais loin, et je me demande si je suis si bien que ça par rapport à lui (rappelez-vous que je ne sais pas qu’il a les KK, je m’en doute un peu mais bon, j’ai touché un tirage énorme à la quatrième). A ce moment là, j’ai clairement compris que j'affrontais une over paire mais vient se mêler à ma réflexion la probabilité qu’il ait dans les mains une paire de 9 et que cela m’enlève par conséquent certains outs, dont les 8, sauf s’il est à pic évidemment. Reprenons : je joue alors tous les pics, tous les 5 tous les 4 et, dans mon calcul pour caller, tous les 8 et tous les 3. Ca nous donne 21 cartes gagnantes (9 cartes pour les pics, 4 cartes pour les 3, 4 cartes pour les 8, 3 cartes pour les 4 et 2 cartes pour les 5), ça ce sont les cartes qui me font prendre le pot s’il a une over paire, on retire 2 huit s’il a une paire de 9, 5 cartes s’il a brelan déjà, et 1 pic s’il dans sa paire il en possède déjà un, voire 9 s’il est à tirage pic. En dealer’s choice, je jette immédiatement et même je jette au flop. Mais là, les probas en Texas sont différentes et me laisse quand même pas mal de chance pour remporter le coup. Alors let’s go et allons voir la dernière. Tombe alors le
. Il réfléchit un moment et check. Voilà, nous y voilà, on a chatté, on a bien pédalé comme Tom Boonen lors du dernier Paris-Roubaix, et qu’allons nous faire ? Il est évident que ce 8 le dérange mais en même temps, je connais le joueur, et s’il a paire de 9 et qu’il touche la ventrale à la dernière, il jouera pareil, il checkera pour mieux m’attraper, alors fort de prudence, je décide de checker, il y a suffisamment au pot et je en veux pas de mal de crâne. Il me montre sa paire de KK et lui montre mon
pour la 3ème meilleure main possible avec un tel board. Il se lève grognant qu’il aurait dû tout m’envoyer à la turn (et en effet, je ne tire pas la river pour 5 ou 600 €, je suis un fish mais pas un débile), mais sportivement nous nous serrons la main et la main d’après, Reda, un très bon joueur, relance à 24 préflop, c’est payé 2 fois avant moi et j’avais limpé avec 
(la main de l'ami Rémi, finaliste du dernier EPT à Monaco, bravo mon pote pour ta 5ème place et tes 30 000€ de gains) donc je call, il y a la cote. Flop pas mal 

, les deux avant check, je check aussi, je connais le Reda, c’est un attaquant donc il va mettre la main à la pâte au flop. Et bim, ça ne loupe pas, il bet à 40, un joueur lâche, l’autre call (c’est un gros gros pédaleur de la 250 qui joue très large, et qui peut payer avec un 8 ou un tirage quinte, on ne sait jamais ce qu’il a dans les mains), il a un gros tapis et Reda n’a plus que 100 devant lui, je prends sur moi de check raiser à 240, Reda auto call mais emmerdé visiblement, le « gêneur » call. Il y a quand même 2 pics et un tirage quinte que je bloque avec mon 5 qui tombera immédiatement
à la turn. Avec un extérieur de 200, le joueur check, j’envoie 350 (je sais, je sais, pourquoi envoyer alors que je suis très bien, pas max mais 3ème jeu possible, mais que voulez-vous, « QUI CHERCHE CLIENT DEVIENT CLIENT »). Il réfléchit pendant une plombe et jette au final, avec regret apparemment. Tombe enfin la plus belle, un
à la river, Reda me montre ses AA et l’autre joueur me dit : « tu as bien fais, j’avais un 8 », eh oui l’ami j’ai sentis le coup de Trafalgar m’arriver dans la tronche donc c’est pour ça que j’ai arrosé à la turn, malgré mon full aux 7 par les 5.
Bref, tout ça pour dire que ces coups là, je ne suis pas fier de les jouer, bon ça compense par le fait de les gagner mais il faut toucher pour faire l’horreur mais je vogue sur mon cycle de chance actuel sachant qu’à tout moment je me ferai déboîter. That’s POKER baby !